Delphine est en classe de troisième. Folle amoureuse de son professeur d'arts plastiques, Monsieur Letellier, elle croit mordicus qu'il éprouve les mêmes sentiments
à son égard. Elle fantasme sur lui depuis qu'il a évoqué sans tabou et lors d'un de ses cours, l'utilisation du préservatif .
Elle est tellement obnubilée par lui qu'elle ne voit pas qu'un garçon de son âge s'intéresse à elle...
Delphine ne pense plus qu'à son prof et fait tout et n'importe quoi pour se faire remarquer.
Le jeune et séduisant professeur finit par la convoquer. Delphine lui avoue son amour... et Monsieur Letellier lui remet les idées en place.
Mais delphine n'a pas compris la leçon, elle s'illusionne , encouragée par sa copine Gaëlle.
Alors Monsieur Letellier va devoir frapper fort pour que son élève comprenne enfin qu'elle fait fausse route...
L'auteur, Gudule, fait raconter son histoire par Delphine, dans son journal intime. Elle aborde les thèmes de la première expérience sexuelle, l'usage du préservatif, l'homosexualité...
frontalement, de manière crue et humoristique. Elle appelle un chat, un chat et c'est la grande force de ce roman pour ados.
Delphine est une ado assez tête à claques, pas vraiment attachante ...Sauf quand elle vit sa première histoire d'amour avec le touchant Arthur. On a également pitié d'elle quand son
professeur lui fait comprendre assez brutalement qu'il n'y aura jamais rien entre eux. D'ailleurs, j'ai trouvé cet épisode peu cohérent par rapport à la description qui nous est faite, dés
les premières pages du livre, de ce jeune professeur, cool, intègre ...On s'attend à plus de tact et de délicatesse de sa part.
J'ai bien aimé ce roman, que j'ai lu quasiment d'une traite, parce qu'il aborde des thèmes essentiels sans langue de bois. Je pense que des ados peuvent aisément se reconnaître dans le portrait
de Delphine qui s'amourache de son professeur ( ah le prestige du prof, jeune,beau, charismatique...), et dans celui d'Arthur, maladroit, timide et devenu bègue probablement à cause de
maltraitance verbale et d'humiliations parentales.
Extraits :
" Letellier, y a pas plus sympa, comme prof, au bahut. Toutes les filles en sont folles, parce qu'en plus, il est super beau. Style Mulder dans X-Files. et quand il sourit, il a les yeux
tristes..." ( p.7)
" Quand Letellier est entré dans la salle, j'ai eu un choc. Il avait troqué sa tenue noire contre un ensemble jean et une chemise à carreaux dans les bleus. Avec la couleur de ses
yeux, c'était superbe. D'autant qu'il était tout bronzé. UV ou bains de soleil? Ça, mystère...En un flash, je l'ai imaginé allongé au bord d'une piscine, tout luisant d'huile solaire. Ça
m'a fait un effet terrible!" ( p.59)
C'est Annie Rolland, l'auteur de "Qui a peur de la littérature ado?" qui m'a donné envie de lire ce roman lorsqu'elle est venue parler de l'essai précité dans une bibliothèque
d'Angers, et plus encore après ma lecture dudit essai. Alors merci à Madame Rolland!
Elle cite, entre autres livres," L'amour en chaussettes" en tant que roman ado objet de censures car jugé trop subversif. En faisant des reccherches sur Internet,
j'ai effectivement trouvé des témoignages qui disaient , par exemple, que des parents s'étaient érigés contre une enseignante qui avait étudié ce roman en cours...
Je prépare un article sur le formidable essai d'Annie Rolland pour discuter et échanger avec vous autour de cette censure dont certains livres et auteurs jeunesse font l'objet.
Retouvez ma critique de " J'ai 14 ans et je suis détestable" du même auteur.
L'amour en chaussettes, Gudule ( Thierry Magnier, 1999)
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