Louise est une jeune sculptrice de 25 ans. Sa mère vient de mourir dans un accident tragique.
Dans le même temps, son père François, qu'elle n'a pratiquement jamais vu, va sortir de prison. Il a purgé une peine de 20 ans pour meurtre. Il demande à Louise de l'héberger pendant quelques
jours.
Elle accepte à contrecoeur et va vivre un véritable bouleversement. Elle doit annoncer à ses amis proches qu'elle a un père. Jusqu'à présent, elle mentait en disant qu'il était mort lorsqu'elle
avait 3 ans.
La confrontation, les retrouvailles entre la fille et son père sont violentes émotionnellement. La vulnérabilité et la fragilité de Louise sont exacerbées. Son travail d'artiste, sa
perception de sculptrice en sont modifiés.
Louise est quasiment en permanence dans un état de confusion, elle est tiraillée entre des sentiments contradictoires vis à vis de son père. Elle le perçoit comme un type, un étranger, un fantôme
même :
" Il a beau être mon père physiologiquement, pour moi il reste un étranger. Il ne représente rien, il n'a jamais existé. Un fantôme. Louise, une fille sans père. Ça a toujours été comme ça,
aucune raison pour que les choses changent. Vous ne la connaissez pas, c'est Louise, la pauvre petite, elle a perdu son père très jeune.
La sortie de ce type, c'est un embarras, une contrainte en cette période de création. Rien de plus."
Mais Louise ne peut s'empêcher de se trouver des mimiques et des goûts communs avec cet "inconnu" :
"Il penche la tête sur le côté, fronce le sourcil gauche (Comme moi! Cette manière identique d'incliner la tête?...La même expression...)"
Tous deux ont également un même intérêt pour la musique classique.
Et puis, il y a un détail qui retient toute l'attention de Louise et qui attire très souvent son regard, ce sont les mains de son père "longues et élégantes" qu'elle avait déjà admirées
lors de ses rares visites en prison.
Durant ces quelques jours, ils tentent de s'apprivoiser dans une sorte de duel presque animal.
Le père est complètement cassé par des années d'emprisonnement et doit réapprendre à s'intégrer socialement. La vie, le monde, le terrifient.
Il aimerait reconstruire sa vie d'homme et de père mais se heurte à l'hostilité de Louise dont il comprend le désarroi.
Un premier roman assez court (119 pages), émouvant et écrit dans un style sobre. J'apprécie les livres de Laurence Tardieu depuis "Puisque rien ne dure" et "Le jugement de
Léa". Ses romans parlent de l'intime et des rapports familiaux avec simplicité, délicatesse et profondeur.
Comme un père, Laurence TARDIEU (Arléa, 2002)
Si vous voulez découvrir une interview de l'auteur rendez-vous surAuteurs TV
Je te recommande chaleureusement cet auteur. J'avais beaucoup aimé "Puisque rien ne dure" (La vie d'un couple après la perte de leur petite fille) et j'ai un peu
moins aimé "Le jugement de Léa" (une femme est accusée du meurtre de son petit garçon. Après son procès, elle attend son jugement). Comme tu peux le constater, Laurence Tardieu traite de
sujets délicats mais avec, selon moi, beaucoup de délicatesse et de sobriété.
Son dernier livre "Rêve d'amour" est sorti en janvier 2008 et j'ai hâte de le découvrir.
réponse de : Finette (site web)
le: 24/04/2008 23:40:26
Je le note, mais avant j'ai dans ma PAL "Puisque rien ne dure", le premier que je lirais de cet auteur ! ;-)
C'est le premier livre que j'ai lu de cet auteur et je l'ai beaucoup aimé. Il raconte les difficultés d'un couple après la mort de leur enfant. Chacun réagit à sa
façon à la douleur. Ils finissent par se déchirer mais beaucoup d'amour subsiste entre eux.
réponse de : finette (site web)
le: 25/04/2008 13:32:03
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