Oscar et la dame rose
Oscar a 10 ans. Il est atteint de leucémie et doit rester à l'hôpital. Après une chimiothérapie, il a subi une greffe de moelle osseuse qui ne semble pas fonctionner.Oscar ne supporte plus ni le regard, ni l'attitude de ses parents, pas plus que ceux du personnel soignant.
Heureusement, à l'hôpital, Oscar a des copains : Einstein, Bacon, Pop Corn et son amoureuse la douce Peggy Blue.
Mais c'est mamie Rose qui lui fait le plus grand bien. Il a tissé des liens très forts avec cette vieille femme, bénévole, qui vient souvent lui rendre visite. Elle se prétend ancienne catcheuse, dite "l'étrangleuse du Languedoc" et raconte, non sans humour, ses combats à Oscar. Elle est la seule à être honnête avec le petit garçon et à ne pas lui mentir sur la réalité de sa maladie . Pour l'aider à accepter son sort et à vivre au mieux ses derniers jours, elle lui propose d'adresser des lettres à dieu et de jouer à un jeu : "la légende des douze jours divinatoires" qui consiste à dire qu'un jour est égal à dix ans. Ainsi, Oscar va vivre sa vie de manière accélérée et mamie Rose va l'amener à se poser des questions sur la vie, l'amour, Dieu, la foi, la souffrance et à accepter l'idée de la mort.
Ce livre d 'Eric-Emmanuel Schmitt aborde un sujet grave et douloureux avec un humour tendre. On s'attache tout de suite à Oscar, à son langage parfois cru, à ses colères légitimes et à sa désarmante lucidité ainsi qu'à mamie Rose qui l' aide à vivre ses derniers moments le plus intensément possible.
Ce roman est donc composé des lettres d'Oscar adressées à Dieu à qui il raconte ses journées. Il a été adapté au théâtre et interprété tout d'abord par Danielle Darrieux puis Anny Duperey.
Dans le cadre du Festival d'Anjou, j'ai eu la chance d'assister au spectacle monté par Joël Santoni et joué par Anny Duperey. Mention excellente pour la comédienne seule en scène, qui a abordé ce texte poignant sans pathos ni mièvrerie mais avec retenue, sobriété et un grand charisme.
La longiligne silhouette de la belle et lumineuse Anny Duperey apparaît et avant même de prononcer le premier mot, elle est là, dans son rôle. On retient son souffle, on est tout ouïe... et la pièce commence!
Diction parfaite, appropriation impeccable des deux personnages et beaucoup de justesse dans les quelques petites interprétations des autres protagonistes. En outre, une utilisation pertinente de la musique, du décor assez minimaliste et plus particulièrement d'un grand plaid blanc tout simple.
Anny Duperey s'est emparée du texte, des mots et de la scène avec grâce, intelligence et classe.
Un moment fort et émouvant dans les arènes de Doué-la-Fontaine.
"Si j'ai programmé ce spectacle c'est que j'ai été ébloui par la performance d'Anny Duperey et le travail de Joël Santoni! Du grand art!" Nicolas Briançon (Directeur du Festival d'Anjou)

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