Shutter Island
En 1954, au large de Boston, une île, Shutter Island, abrite un hôpital psychiatrique détenant de dangereux patients ayant commis des meurtres innommables. Une femme, Rachel Solando, coupable du meurtre de ses trois enfants, s’est évadée. Deux marshals sont appelés à la rescousse pour mener à bien l’enquête et retrouver Rachel.
D’emblée, l’auteur plante, avec un certain brio, le décor angoissant de son énigme : une île -sorte de huis clos- peuplée de fous, de fantômes et de mystères.Le personnel médical est tout aussi inquiétant et l’enquête semble semée d’embûches…
Dennis Lehane nous livre très rapidement des ingrédients qui peuvent paraître trop limpides mais c’est pour mieux nous mener sur une fausse piste et jouer avec nos nerfs.En effet, il entretient le suspense jusqu’à un dénouement final surprenant, un véritable coup de théâtre !
Cette fin étonnante nous révèle différents niveaux de lecture et de relecture du polar.
Shutter Island constitue donc un excellent polar, doté de dialogues percutants, rythmés et non dénués d’humour. Les personnages sont nombreux et énigmatiques, et l’auteur prouve que les plus fous ne sont pas ceux que l’on croit…
Mais Shutter Island est aussi porteur d’une réflexion sur la folie et la prise en charge de la souffrance psychique des malades de nos sociétés modernes. Lehane oppose deux théories médicales : des traitements dignes des méthodes SS et des traitements plus humains (basés sur l’écoute et la compréhension des malades), plus « moraux ».
On se plaît à rêver d’une adaptation cinématographique de ce remarquable roman policier…
Livre lu et commenté dans le cadre du Grand Prix des Lectrices de ELLE 2004.
