Sentimento

Cet article est dédié à Gawou la libraire qui m'avait demandé, depuis longtemps, mon avis sur ce livre.
Monsieur Stein fabrique pour lui-même des marionnnettes vivantes qui finissent toujours très mal.
Un jour, pour rompre sa solitude, il a l'idée de créer une marionnette qui serait son double et qu'il aimerait comme un frère.
Il se met à la tâche et peu à peu, sous ses doigts agiles, un pantin prend forme :
"Il tailla le corps dans du bois tendre. Il travailla longtemps au mécanisme. Il fallait que le pantin vive, pense et puisse s'attacher à lui. Dans le cerveau, il ajouta les petites roues de sa plus belle horloge, celle qu'il adorait tant.
A l'endroit creusé pour la bouche, il plaça plusieurs boîtes à musiques.
Ainsi, la voix du pantin serait aussi belle que celle d'un rossignol..."
Mais, ce drôle de double, prend vie avant même d'être terminé. Monsieur Stein est horrifié et rejette sa création.
Profondément blessé et triste, le pantin décide de partir et d' aller à la découverte de la ville.
Au début, il se cache, observe les humains et se trouve un nom. Ce sera Sentimento du nom d'un cirque qui a fait halte dans la ville. Puis il se dévoile et essaie de communiquer avec les habitants.
Hélas, il fait peur à tout le monde, on lui jette des cailloux et on le traite de monstre.
Finalement, il fait la rencontre d'une étrange petite fille, Selma, qui a le pouvoir de jouer avec l'aurore boréale.
Fort de cette nouvelle amitié, Sentimento décide d'entrer en contact avec un autre enfant et sa mère dans une maison. Mais ceux-ci sont terrifiés par cette intrusion et se mettent à crier.
Sentimento s'enfuit poursuivi par des hommes et des chiens. Dans sa course effrénée pour échapper aux humains, il se casse en mille morceaux...
Je ne m'attendais pas du tout à ce type d'histoire après avoir lu la quatrième de couverture :
Un cirque passa au loin.
La voix dans le haut-parleur cria :
"Sentimento, le cirque des pays chauds!
Venez réchauffer vos coeurs glacés par l'hiver
au cirque Sen-ti-men-to!"
De même que l'illustration de la première et quatrième de couverture me faisaient plutôt penser à une histoire sur le thème du cirque.
Pas de dompteurs, d'écuyères, de clowns ici mais une histoire très triste sur la notion de créateur et créature et sur la peur de l'inconnu, de l'étranger.
Des illustrations magnifiques avec une prédominance de bleu et de rouge, de nombreux détails et une précision dans les dessins.Quant-au récit, il est assez poétique notamment lors du passage sur l'aurore boréale, il est également travaillé , construit et empreint de beaucoup de tristesse et de mélancolie.
Sentimento, Carl NORAC et Rébk DAUTREMER (Bilboquet-Valbert, 2005)
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