"J'ai rêvé de courir longtemps"
Smithy Ide a quarante-trois ans et vit à Providence dans le Rhode Island. Il vient de perdre ses parents dans un accident de voiture puis apprend le décès de sa soeur Bethany qui n'avait plus donné de signe de vie depuis longtemps.
Seul, obèse, alcoolique et dépressif, Smithy se terre chez lui jusqu'au moment où il déniche, dans le garage de ses parents, son vélo, un raleigh, offert autrefois par son père. A partir de là, sa vie prend un tout autre tournant.
Smithy enfourche son vélo et part pour un long périple, de New York à Los Angeles, qui s'achèvera à Venice Beach dans une morgue où repose le corps de sa soeur adorée.
Au cours de ses pérégrinations, Smithy va traverser différents états et faire de belles et inoubliables rencontres. Son voyage n'est pas seulement un trajet physique c'est également un voyage intérieur, intime, durant lequel notre homme se rémémore des moments forts de son existence avec sa famille, des tranches de vie heureuses et d'autres moins.
D'un état végétatif, oisif, Smithy passe à un état complètement actif, il devient le véritable acteur de sa vie, c'est lui qui tient les rênes de son existence.
Mais Smithy est toujours relié à Providence par l'intermédiaire de communications téléphoniques avec Norma, sa voisine paraplégique. Des lendemains qui chantent à deux s'annoncent peut-être...
Ce roman est très divertissant avec un personnage principal attachant qui rappelle un peu Forrest Gump dans le film éponyme de Ron Howard. Smithy est naïf, tendre et assez maladroit dans l'expression de ses sentiments.
Le second intérêt de ce roman c'est que l'auteur sait faire rire avec des sujets graves comme la maladie mentale dont est atteinte la soeur de Smithy (schizophrénie) ou bien encore la mort.
L'écrivain manie aussi à merveille les registres émotionnels et poétiques, notamment losque Smithy a des visions de sa soeur dans toute sa grâce, flottant dans des paysages magnifiques.
Un livre à découvrir qui j'espère vous ravira.
J'ai rêvé de courir longtemps, Ron McLarty (Albin Michel,2005) - 400p.