Lundi 22 septembre 2008

Depuis le divorce de ses parents, Claire, 15 ans, vit seule avec sa mère qui exerce le métier de sage-femme.Elle mène une vie ordinaire entre le lycée, les sorties et son copain. L'annonce de la maladie de sa mère va bouleverser leurs vies.
Ce roman pour ados est composé de petits mots échangés durant 4 mois entre  Claire et sa mère.
Comme elles ne se voient pas souvent, elles se déposent régulièrement des post-it sur le dessus du frigidaire sur lesquels elles communiquent sur les tracas du quotidien (les courses à faire, la cage du lapin à nettoyer, les tâches domestiques, l'argent de poche...) mais aussi sur la découverte du cancer du sein de la mère et l'évolution de la maladie avec son lot de peurs et d'angoisses pour l'une et l'autre.
Sur ces petits billets le superflu, le léger et le secondaire en somme, côtoient le drame, le grave et le sérieux.
Parfois, par l'intermédiaire de ces mots, Claire et sa mère se disputent, se font des reproches, règlent leurs comptes et se posent des questions sur leur relation et l'avenir. Mais elles se déclarent aussi tout leur amour , elles expriment par écrit ce qu'elles ne parviennent pas forcément à se dire.

J'ai dévoré ce livre, j'ai beaucoup apprécié cet échange sous forme de correspondance, l'émotion et la tendresse qui s'en dégagent. C'est assez bouleversant mais sans pathos excessif et le sujet de la maladie est abordé sobrement et avec intelligence. L'auteur décrit bien les peurs et les interrogations suite à l'annonce de la maladie et les réactions et comportements qui en découlent inéluctablement.

Extrait :

"Quand la roue tournera
Nous y serons ensemble,
Nous prendrons le virage
Accrochées l'une à l'autre,
Comme une mère
Et sa fille,
Comme une fille
Et sa mère."

 
(Poème de Claire à sa mère)

Ce sont  
GAWOU  et FLORINETTE qui m'ont donné envie de lire ce roman, Merci!

Ne t'inquiète pas pour moi, Alice KUIPERS ( Albin Michel Jeunesse, 2008)

À noter le titre original : " Life on the refrigerator door" que je préfère au français.
Sinon, il existe  2 éditions, l'une jeunesse et l'autre adulte, avec deux couvertures différentes.
J'ai choisi de vous présenter l'édition jeunesse mais je ne suis pas convaincue par la première de couverture jeunesse pas plus que celle pour  adultes.

par Finette publié dans : Littérature Ados
ajouter un commentaire commentaires (8)    créer un trackback recommander
Dimanche 24 août 2008

 


Alice Tully est une jeune fille qui semble mener une vie tout à fait tranquille et ordinaire à Croydon, en Angleterre.
Elle vit avec Rosie, sa mère de substitution, avec qui elle entretient de très bons rapports. Elle a un copain, Frankie, qui l'aime plus que tout au monde et elle travaille dans une cafétéria, en attendant de reprendre des études d'histoire à l'université.
Cependant,  Alice paraît perturbée par un drame survenu il y a des années dans une autre ville, à Berwick Waters.
Une fillette, Michelle, avait été retrouvée assassinée au bord d'un lac. La meurtrière, Jennifer Jones, était une une amie de Michelle. Depuis elle aurait purgé sa peine et  vivrait incognito afin de tenter de redémarrer une nouvelle vie.
Alice lit tous les journaux et regarde toutes les émissions qui parlent de ce meurtre. Pourquoi cette obsession pour cette macabre histoire? Est-ce seulement par voyeurisme? Connaissait -elle la meurtrière? Avait-elle un lien direct avec Michelle? Qui est réellement Alice Tully?

La quatrième de couverture en dit trop et, dés les premières pages, le suspense est levé. C'est dommage, l'auteur aurait pu entretenir davantage le mystère autour d'Alice.
Une fois cette première petite déception passée, j'ai trouvé le livre excellent parce qu'il n'y a pas de jugement, pas de manichéisme, juste la volonté de raconter un drame horrible, un meurtre d'enfant par un autre enfant.
Ce roman permet de réfléchir sur le sort des enfants meurtriers et leur possible réinsertion dans la société.
J'ai trouvé que l'auteur avait parfaitement su planter son décor, maîtriser son récit, alternant présent et passé et avait  bien développé la psychologie de son personnage principal  et de façon hypperréaliste .
Evidemment , il s'agit d'un livre très sombre, troublant et assez déprimant mais, à l'instar d'ORI, je n'avais pas envie de quitter Alice, mais au contraire de continuer à lire son histoire, savoir comment et de quelle façon elle parvenait à vivre.

Je remercie une nouvelle fois Ori qui m'a fait découvrir Anne Cassidy , un auteur  vraiment très intéressant, dont les thèmes m'attirent. En outre, j'apprécie son écriture et son style assez sobres mais avec une force émotionnelle et dramatique importantes.

Pour connaître l'avis de Charlotte, cliquer ICI (et n'oubliez pas le lien indiqué ci-dessus pour lire la critique d'Ori).
Retrouvez aussi mon billet sur un autre livre de l'auteur, " Judy portée disparue"


L'Affaire Jennifer Jones, Anne CASSIDY ( Milan, 2006)
Ce livre a été récompensé du Prix du Meilleur Livre Anglais 2004

par Finette publié dans : Littérature Ados
ajouter un commentaire commentaires (3)    créer un trackback recommander
Samedi 19 juillet 2008
À 17 ans, Kim pourrait mener l'existence ordinaire d'une jeune anglaise de son âge.
Mais ses parents et elle ont vécu un véritable drame qui a ébranlé leur vie. Il y a 8 ans, lors d'un après-midi d'hiver, leur fille et soeur, Judy, 5 ans, a disparu. Ce jour là, suite à un imprévu parental,  Kim a dû se rendre chez sa meilleure amie Teresa, flanquée de sa petite soeur . Cet après-midi a été maussade pour la petite Judy qui s'est faite rabrouer par les deux amies. Un peu honteuse, Kim a finalement proposé de sortir pour acheter quelque chose à Judy.
En chemin, toutes les 3 se sont fâchées, Teresa est partie de son côté, Judy de l'autre. Kim a attendu sa petite soeur, l'a cherchée en vain. Elle avait disparu, elle s'était comme volatisée dans la nature.

Des années après, Kim porte toujours le poids de la culpabilité de la disparition de sa petite soeur et est obsédée par son souvenir.
Pour tenter de s'en sortir, elle consulte une psychologue. De leur côté, avec toute l'énergie du désespoir, ses parents ont créé une association " Enfants perdus" et y consacrent tout leur temps : ils reçoivent, aident, conseillent des parents dans la même situation qu'eux, participent à des conférences, distribuent des tracts...
C'est Kim qui raconte leur histoire, celle d'hier, avant et après la disparition de Judy, et celle d'aujourd'hui faite d'une indicible douleur, d'un chagrin incommensurable, de questions sans réponse et parfois d'espoirs de nouveaux témoignages, indices, pistes... , et le désir de faire son deuil, un jour, peut-être...

C'est la ragazza ORI qui m'a fait connaître cet auteur suite à son BILLET  sur "L'affaire Jennifer Jones". Ce titre étant emprunté à la bibliothèque, j'ai choisi de lire cet autre roman et je ne regrette absolument pas.
Anne Cassidy traite avec sobriété et profondeur d'un thème grave et montre bien comment un tel drame bouleverse des vies, comment chaque membre de la famille réagit, essaie de survivre, comment et à quel point les regards et comportements extérieurs - des proches, amis, professeurs, voisins, policiers, enquêteurs...- pèsent ou apaisent.
Un fait divers raconté comme un polar qui tient en haleine jusqu'aux dernières pages. C'est sombre, profond, effrayant et très bien écrit.
 
Extraits :

" Je croise souvent des enfants comme elle, des filles qui pourraient être ses doubles; sur les balançoires dans le parc, faisant la queue au Mc Donald's, feuilletant  des magazines dans les boutiques, achetant des glaces chez le marchand du coin de la rue."


-" Beaucoup de personnes en deuil éprouvent de la culpabilité pour les dernières heures qu'elles ont passées avec les êtres qu'elles ont perdus. Elles voudraient  toujours avoir agi différemment; avoir été plus aimantes, plus attentionnées. Une femme qui se dispute un matin avec son mari. Il sort et se fait renverser par un bus. Bien qu'ils se soient aimés et aient été heureux, elle se sentira toujours coupable de l'avoir quitté sur une dispute. La perte soudaine et inattendue  de quelqu'un ne donne pas aux gens la possibilité de terminer les choses comme ils l'auraient souhaité."

Judy portée disparue, Anne CASSIDY ( Milan, 2007)



par Finette publié dans : Littérature Ados
ajouter un commentaire commentaires (5)    créer un trackback recommander
Vendredi 24 août 2007
Été 1975, Claire, 16 ans, passe ses vacances à Perpignan chez ses grands-parents adorés Mouna et Poupa. Elle rêve de devenir écrivaine et décide de commencer à écrire un journal intime.

"Aujourd'hui, 2 juillet 1975, sur ce cahier, je commence mon journal.
Oserai-je laisser parler mon coeur?
Saurai-je l'écouter?
Arrêter le temps, écrire ce que je ressens...
Ce n'est pas toujours facile...
Une question me préoccupe.
A la fin de ce journal, y aurai-je répondu?
Dans ce cahier, oserai-je être t être vraiment sincère?"

Quand elle n'écrit pas,elle passe beaucoup de temps avec sa chère amie, la fougueuse, la passionnée et la rebelle Hèlène.Claire lui annonce qu'elle a commencé à écrire un journal et lui propose d'en faire de même. Hélène écrira mais pas sous la forme d' un journal :

"Non, je n'écrirai pas de journal.
Travail quotidien.Routinier. Répétitif.
J'ai horreur du quoditien. De la routine.
Et puis, un journal ne s'adresse à personne en particulier.
Mais l'idée d'écrire me plaît.
Je suis à l'écoute de tout ce que tu dis, Claire. Toujours.
Alors, oui, je vais écrire.
Mais sur des feuilles volantes. Des feuilles
blanches que je vais noircir, pour toi.
T'écrire. A toi. Oui. Mille fois oui! (...)
Oui, je vais t'écrire, pour soigner mon mal,
mais je doute qu'un jour je te fasse lire ces pages."

Dans la première partie du livre, nous découvrons donc, tour à tour, les écrits des jeunes filles.
On se rend alors compte qu'il existe bien davantage qu'un fort lien amical entre Claire et Hélène.
Elles sont amoureuses l'une de l'autre.
Si la douce Claire ne s'avoue pas vraiment son attirance pour Hélène:

 "Hélène. Pourquoi me troubles-tu ainsi?
Pourquoi me bouleverses-tu? (...)
Je refuse de voir la vérité en face.
J'ai peur.
De quoi, bon Dieu?"

Hélène, en revanche, est prête à assumer son amour pour Claire :

"Claire, avec toi, je voudrais partir
Faire une croisière,
Une croisière autour
de nos deux coeurs.
Passer mon temps à t'écouter
Parler,
De littérature,
De ce que tu aimes.
Passer ma vie,
Claire,
A tes côtés."

Comme elle sent la crainte, l'appréhension de Claire, elle ne tente rien et décide finalement de quitter la ville pour rejoindre son père à Lille.
Auparavant, elle envoie toutes ses lettres chez Mouna et Poupa.

Dans une seconde très courte partie, nous retrouvons Claire en 2003.
Elle a découvert ou redécouvert les lettres d'Hélène dans le grenier de ses grands-parents.

 "Je ne me rappelle pas avoir jamais lu ces lettres. Elles sont là, pourtant,
devant moi, avec mon journal.
J'essaie de me souvenir.
Les ai-je lues?
Et aussitôt oubliées parce qu'elles dérangeaient l'adolescence que j'étais, timide et
manquant d'assurance?

Vingt -huit ans après, Claire renoue contact avec hèlène en lui écrivant...

Ce livre fait partie d'une collection, "Confessions" éditée par La Martinière Jeunesse :

"Une collection où de grands auteurs de la littérature jeunesse
parlent avec sincérité de leur propre adolescence et nous ouvrent la porte sur
les grandes questions de la vie."

J'ai été un peu déçue car finalement cette confession semble fictive...Mais peut-être que les auteurs se sont tout de même largement inspiré de leurs adolescences...
Où est la part de fiction, où est la part de réalité?
Eternelle question sur le rapport entre l'écriture et le réel, entre l'art et la réalité...
Déception somme toute minime pour moi car par ailleurs j'ai beaucoup aimé ce court livre qui dégage beaucoup de sensibilité. Le tout est agréable à lire, bien écrit et aborde le sujet de l'homosexualité féminine avec intelligence et délicatesse.

En revanche, en cherchant des informations sur ce livre et ses auteurs, j'ai trouvé un article qui m'a interpellée :

" Cette histoire passionnelle entre deux adolescentes de 16 ans laisse le lecteur perplexe. Ce genre d'ouvrage est à donner à lire après mûre réflexion et au seul jugement de l'éducateur ou des parents. Une discussion doit obligatoirement suivre sa lecture et il semble plus approprié pour les psychologues et le milieu médical. Ce livre peut, certes, aider quelques grands adolescents mais aussi, au contraire, blesser gravement la sensibilité de ceux qui le lisent."

Chacun a le droit de s'exprimer en toute liberté mais je trouve la critique sévère, abusive et inappropriée...Je pense qu'un certain nombre d'adolescents peuvent se reconnaître dans les personnages de Claire et Hélène. Quand je lis que le livre est plus approprié pour "les psychologues et le milieu médical", je fais des bonds! En quoi  ce livre peut-il "blesser gravement la sensibilité de ceux qui le lisent"? Il n'est question ici que d'amour, amour qui d'ailleurs  n'aboutira pas et certes, les personnages souffrent de leurs sentiments qu'ils ne peuvent exprimer mais ils vivent avec. L'histoire ne se termine pas de manière dramatique.

Si vous voulez lire l'intégralité de cette critique, vous pouvez cliquer ICI.

Avec toi, Claire, j'aurais aimé la vie, Claire Mazard et Hélène Lune
(De La Martinière Jeunesse, 2004)


par Delphine publié dans : Littérature Ados
ajouter un commentaire commentaires (5)    créer un trackback recommander
Jeudi 16 août 2007
Adélaïde, 12 ans, est envoyée par ses parents en Angleterre pendant 3 semaines afin de perfectionner la langue.
Bien sûr, elle n'en a pas envie et préférerait passer comme d'habitude ses vacances avec sa soeur aînée et adorée Charlotte alias Javotte.
Elle débarque à Ispwich chez les Baker et leurs deux filles, l'aînée Cherry et Maureen une petite trisomique. Adé ne se plaît pas chez cette nouvelle famille. Elle y mange toujours des haricots blancs à la sauce tomate, ne peut jamais aller se laver, trouve Mr Baker trop collant...Et puis il y a les autres ados français, les filles, de vraies garces...et Rodrigue et Albert avec lesquels elle ne s'entend pas si mal.

J'ai été très déçue par ce roman.Les quatrième et première de couvertures m'avaient pourtant donné envie... Je m'attendais à une vraie chronique d'une ado française sur sa parenthèse anglaise mais finalement, je trouve qu'il n'est  pas tellement question d'Angleterre. Adélaïde fait sa crise d'ado et le fait qu'elle soit en Angleterre n'a pas plus d'importance que cela; elle aurait pu se trouver n'importe où dans le monde.

Toutefois, quelques passages sont, je dois dire, assez drôles et parfois je retrouve de petits détails découverts lorsque  collégienne j'avais fait moi aussi un voyage en Angleterre (exemple : pas de verrou à la salle de bains :
l'horreur!) :)

Angleterre, Geneviève BRISAC (l'école des loisirs, 2005)
par Delphine publié dans : Littérature Ados
ajouter un commentaire commentaires (2)    créer un trackback recommander

Calendrier

Décembre 2008
L M M J V S D
1 2 3 4 5 6 7
8 9 10 11 12 13 14
15 16 17 18 19 20 21
22 23 24 25 26 27 28
29 30 31        
<< < > >>

Recherche

Blog : Sport sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus