Demain, dés l'aube...

Publié le par Delphine

Demain, dés l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends.
J'irai par la forêt, j'irai par la montagne.
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.

Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.

Je ne regarderai ni l'or du soir qui tombe,
Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
Et quand j'arriverai, je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.

Les contemplations, Victor HUGO (1802 - 1885)

Publié dans Poésie

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joey 10/09/2007 14:33

Il a passé sa vie avec des morts, c'est un rocher sur lequel on doit s'appuyer. Big up Vic'

Maud 16/03/2007 12:47

C'est mon poème préféré. Il va se recueillir sur la tombe de sa fille, je crois ? Triste mais super beau.

Delphine 16/03/2007 15:01

Merci pour ton comm., Oui Hugo évoque sa fille aînée Léopoldine qui s'est noyée dans la Seine avec son mari. Ce poème aux accents douloureux est magnifique!

Florinette 16/03/2007 10:48

J'aime beaucoup Victor Hugo et c'est toujours un plaisir de le lire ! ;-)

Delphine 16/03/2007 14:57

Je ne suis pas une grande connaisseuse de Hugo le poète mais je suis toujours émue de lire ce poème, il est très lyrique et touchant.